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Tensions du corps

Mâchoire serrée sans s’en rendre compte : desserrer les dents en cinq minutes

Ressenti
mâchoire serrée
Durée
5 min
Moment
n'importe quand
Mâchoire serrée sans s'en rendre compte : desserrer les dents en cinq minutes

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Ce n’est pas la douleur qui m’a alerté, c’est une petite phrase d’une collègue en visio : « Tu as l’air de mordre quelque chose. » Je ne mordais rien. J’écoutais une présentation un peu longue, les dents bien collées, la langue plaquée au palais, les muscles des joues contractés. Depuis combien de temps ? Aucune idée. Quand j’ai lâché, j’ai senti une petite fatigue juste devant les oreilles.

Serrer la mâchoire sans s’en apercevoir est très courant, surtout quand on se concentre ou qu’on se retient de répondre. Les tensions s’installent le long des tempes et parfois jusque dans la nuque. Voici ce qui m’aide à desserrer, sur le moment, sans que personne ne le remarque.

Ce qu’on peut faire maintenant

  1. Vérifier la position de repos (30 s). Au repos, les lèvres se touchent, la langue repose derrière les dents du haut, et les dents du haut et du bas ne se touchent pas. Je me répète « lèvres closes, dents écartées ». Seulement ça. Je regarde si c’est le cas, et je laisse tomber la mâchoire d’un demi-centimètre.
  2. Bâiller exprès (1 min). Je bâille à moitié, bouche ouverte sans forcer, en soufflant lentement. Souvent le vrai bâillement arrive tout seul. Je le laisse venir. C’est la manière la plus naturelle de relâcher les muscles qui ferment la bouche.
  3. Un massage du bout des doigts (2 min). Du bout des doigts, je repère le muscle rond sur le côté de la joue, juste sous l’os, celui qui se contracte quand on serre. Je fais de petits cercles très légers, de plus en plus lents, en gardant la bouche légèrement entrouverte. S’il y a un point sensible, je reste doux, je n’insiste pas.
  4. Chaleur sur les joues (2 min). Je pose les paumes chaudes sur les joues, après les avoir frottées l’une contre l’autre, et je respire par le nez en comptant quatre à l’inspiration, six à l’expiration. La chaleur et le rythme lent aident la mâchoire à se détendre, c’est du moins ce que je constate.

Cela fait cinq minutes en tout. Si j’ai moins de temps, je garde seulement la première étape et je la répète à chaque fois que je pense à la mâchoire.

Ce qui joue souvent

Là encore, rien de médical, simplement ce qui revient dans mon quotidien :

  • La concentration. On serre en lisant des textes denses, en tapant vite, en conduisant dans les embouteillages. Le corps fait comme si l’effort se tenait dans les dents.
  • Les écrans le soir. Une soirée entière sur des contenus qui énervent ou qui tendent, et le sommeil est plus léger, la mâchoire plus contractée au réveil.
  • La caféine tardive. Je note que les jours où j’en prends tard, je serre davantage. Ce n’est pas une règle, seulement une observation à tester sur soi.
  • Le stress rentré. Quand on n’a pas dit ce qu’on pensait, la mâchoire garde parfois la phrase.
  • Les chewing-gums. Mâcher en continu fatigue ces mêmes muscles. Une pause sans rien dans la bouche leur fait du bien.

Je n’essaie pas de supprimer le réflexe. J’essaie de le repérer plus tôt. Un post-it discret sur l’écran, avec un mot qui ne dit rien aux autres, fait le travail pour moi.

Comment repérer le réflexe plus tôt

Le plus difficile n’est pas de relâcher, c’est de s’apercevoir qu’on serre. Pour cela, j’ai essayé trois repères. Le premier : un petit autocollant de couleur sur le coin de l’écran, qui signifie « mâchoire ». Le second : l’habitude de vérifier à chaque fois que je bois une gorgée d’eau. Le troisième : un geste qui n’appartient qu’à moi, poser deux doigts sur la joue et sentir si le muscle est dur.

Au début, je m’apercevais du réflexe une fois par jour. Au bout de quelques semaines, plusieurs fois, et plus tôt. Ce n’est pas un programme à suivre, juste une attention qui s’installe. Pour les réunions, j’ai pris l’habitude de poser une main sur la table, paume ouverte : cela m’aide à rester détendu du visage sans que personne s’en doute.

Et lorsque quelqu’un dit quelque chose qui m’agace, j’inspire par le nez, j’expire par la bouche entrouverte avant de répondre. La mâchoire s’ouvre un peu, la phrase suivante sort plus calme.

Pour demain

Je choisis un moment fixe de la journée, par exemple chaque fois que je décroche le téléphone ou que j’ouvre mon agenda, et je vérifie la mâchoire à ce moment précis. Un seul signal, toujours le même, vaut mieux que dix résolutions floues.

Le soir, je termine par un verre d’eau tiède et un moment sans écran avant le coucher, pour que la nuit commence avec des muscles un peu plus au repos.

Si la mâchoire fait mal, si elle craque de manière gênante, si elle se bloque ou si vous vous réveillez avec des maux de tête répétés, il ne s’agit plus d’une simple habitude à corriger. Si ça dure, parlez-en à un professionnel de santé : un médecin ou un dentiste saura vous orienter.

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