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Journée surchargée

Déjeuner sur le pouce : manger vraiment en quinze minutes

Ressenti
repas avalé
Durée
15 min
Moment
le midi
Déjeuner sur le pouce : manger vraiment en quinze minutes

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Midi et quart. Un sandwich dans une main, la souris dans l’autre, et un onglet qui clignote en haut de l’écran. À la dernière bouchée, il est difficile de dire ce que l’on vient de manger. Ce genre de déjeuner, que beaucoup d’entre nous connaissons, ne fait pas de mal en soi, un jour. Le souci vient de l’effet qu’il laisse : on repart sans avoir fait de pause, la tête toujours branchée sur le travail, et l’après-midi commence déjà lourd.

Je ne vais pas vous proposer un repas équilibré de quarante-cinq minutes, ce n’est pas le sujet quand la journée est pleine. Il s’agit de quinze minutes, et de ce que l’on peut en faire pour que ce soit un vrai arrêt.

Ce qu’on peut faire maintenant

  1. Quitter l’écran pour manger (1 min). Fermez la session, ou au moins verrouillez-la. Si vous restez à votre bureau, éloignez le clavier et posez l’assiette sur un coin libre. Manger devant les courriels revient à ne pas manger.
  2. Servir dans une assiette, pas dans l’emballage (1 min). Rien de sophistiqué : transférer ce que vous avez dans une assiette ou un bol change la perception du repas. On ne mange plus « un reste », on mange un repas.
  3. Prendre les trois premières bouchées sans rien faire d’autre (2 min). Mâchez, regardez ce que vous mangez, sentez la température, le goût. Ce n’est pas de la méditation, c’est juste une façon de dire à l’esprit que l’on a quitté le travail pour un moment.
  4. Poser la fourchette entre deux bouchées (8 min). Pour ralentir sans y penser. Quand on avale à toute vitesse, le repas est fini avant qu’on ait senti le moindre rassasiement, et l’on cherche alors quelque chose de sucré une heure plus tard.
  5. Marcher cinq minutes après avoir fini (3 min, ou plus si possible). Faire le tour du pâté de maisons, descendre jusqu’à la boulangerie, ou simplement monter l’escalier à pied. L’idée est de revenir au travail par un chemin différent de celui du canapé.

Si vous n’avez vraiment que dix minutes, gardez uniquement l’assiette et les trois premières bouchées. Cela change déjà plus qu’on ne le croit.

Ce qui joue souvent

  • Le petit-déjeuner sauté. Arriver à midi en ayant seulement pris un café, c’est se retrouver affamé et peu enclin à choisir. On mange vite, souvent trop, parfois n’importe quoi.
  • La préparation de la veille. Dans l’urgence, ce que l’on trouve est ce qu’on a sous la main. Préparer un repas simple le soir, ou garder dans le tiroir de quoi composer un déjeuner correct, évite de se rabattre sur le premier distributeur.
  • La boisson. Les cafés s’accumulent le matin, et l’eau passe au second plan. Un verre à côté de l’assiette aide.
  • Le bruit autour. Manger au milieu d’un open space qui continue à fonctionner empêche de décrocher. Si une salle commune ou un banc dehors existe, la différence se sent.
  • La lumière. Sortir un peu, même sous la pluie, marque une rupture. Pour ceux qui travaillent toute la journée à l’intérieur, c’est l’un des rares moments où l’on voit le ciel.

Un déjeuner court n’est pas un problème, un déjeuner invisible, si.

Quelques idées de repas qui ne demandent presque rien

Sans recette ni prétention, voici ce qui m’a dépanné de nombreuses fois. Un reste de la veille réchauffé dans un vrai bol. Une salade de lentilles ou de pâtes préparée en double le soir. Du pain, du fromage, une tomate et un fruit, posés sur une assiette plutôt que mangés debout. Un œuf dur et des crudités coupées d’avance. Rien de tout cela n’est spectaculaire, mais ce sont des choses qui se mangent assis, sans passer par la boîte de réception.

Si vous mangez en équipe, proposez un déjeuner « sans écran » à deux ou trois personnes. Les conversations qui s’y tiennent, sur tout sauf le travail, valent souvent mieux qu’une pause solitaire. Si vous préférez rester seul, c’est tout aussi légitime : certains jours, le silence est la meilleure sauce.

Il m’est arrivé de culpabiliser parce que le repas n’était « pas assez sain ». Avec le recul, je crois que cette culpabilité pesait plus lourd que le contenu de l’assiette. Un repas simple, pris au calme, vaut mieux qu’un repas idéal avalé en lisant ses messages. Je ne donne pas de règle nutritionnelle ici, seulement l’idée qu’on s’en sort mieux en ménageant un peu d’attention.

Pour demain

Ce soir, préparez le déjeuner de demain en cinq minutes : un récipient, une portion de ce que vous avez cuisiné au dîner, un fruit. Posez-le dans le sac ou au réfrigérateur, de façon à n’avoir aucune décision à prendre à midi. Bloquez aussi un créneau de quinze minutes dans l’agenda, avec un nom discret, pour que personne n’y glisse une réunion.

Si vous avez du mal à manger en période de stress, ou au contraire si vous grignotez sans cesse sans pouvoir vous arrêter, ne vous jugez pas : c’est une réaction courante. Mais si ça dure, parlez-en à un professionnel de santé.

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