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Trop d'écrans

Yeux qui piquent à 16 h : cinq gestes pour les reposer maintenant

Ressenti
yeux qui piquent
Durée
5 min
Moment
en fin de journée
Yeux qui piquent à 16 h : cinq gestes pour les reposer maintenant

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Il est seize heures, l’écran est toujours aussi lumineux et mes yeux, eux, ont décidé que c’était fini. Ils piquent, ils brûlent un peu, les lignes du tableur se dédoublent légèrement. J’ai longtemps continué comme si de rien n’était, en plissant les paupières, en me disant que ça passerait tout seul. Ça ne passe pas tout seul. Et c’est une sensation que presque tout le monde connaît quand on travaille devant un ordinateur, à Nantes comme ailleurs.

Ce texte n’explique pas comment fonctionne l’œil, je n’en sais pas assez et ce n’est pas mon rôle. Je raconte seulement ce qui m’aide quand les yeux disent stop, et ce que j’ai remarqué autour de ce moment-là. Rien de spectaculaire, juste des gestes simples que l’on peut faire sans quitter son bureau.

Ce qu’on peut faire maintenant

  1. Regarder au loin pendant une minute. Levez les yeux vers la fenêtre, l’immeuble d’en face, un arbre si vous en avez un. Le but est de laisser le regard se poser sur quelque chose qui n’est ni plat ni lumineux. Une minute suffit pour sentir que quelque chose se relâche derrière les yeux.
  2. Cligner volontairement, une dizaine de fois. Devant un écran, on cligne beaucoup moins sans s’en rendre compte. Fermez les paupières doucement, rouvrez, recommencez. C’est un peu ridicule à voir de l’extérieur, mais c’est gratuit et rapide (environ 30 secondes).
  3. Poser les paumes sur les yeux fermés. Frottez vos mains l’une contre l’autre pour les réchauffer, puis posez-les sans appuyer sur les paupières. Restez là deux minutes, dans le noir, en respirant lentement. Ne frottez pas les yeux eux-mêmes, cela les irrite davantage.
  4. Boire un verre d’eau debout. Le geste a deux effets : vous quittez la chaise et vous vous occupez de vous, même brièvement. Comptez 3 min en incluant le trajet jusqu’à la cuisine ou à la fontaine.
  5. Baisser la luminosité de l’écran d’un cran. En fin d’après-midi, la lumière du dehors change, et un écran réglé pour midi paraît soudain agressif. Ajustez-le, augmentez un peu la taille du texte si besoin. C’est 1 min, et l’effet se sent tout de suite.

Si vous n’avez le temps que pour un seul geste, prenez le premier. Regarder loin est celui qui demande le moins d’organisation et dont je me passe le plus difficilement depuis que je l’ai adopté.

Ce qui joue souvent

Quand les yeux lâchent à la même heure presque tous les jours, il y a en général un petit paquet de raisons ordinaires qui s’additionnent. Ce n’est pas une explication médicale, seulement ce que j’ai fini par repérer chez moi et chez des collègues.

  • Le temps sans pause. Quatre heures d’affilée sans lever la tête, c’est souvent la vraie cause. On ne s’en rend compte qu’à la brûlure de seize heures.
  • L’éclairage de la pièce. Un écran très clair dans une pièce sombre, ou un reflet de fenêtre en plein milieu de l’écran, oblige les yeux à compenser toute la journée.
  • La distance et la position. Un écran trop près, trop haut ou trop bas fait travailler la nuque et le regard de travers.
  • L’air sec. Chauffage ou climatisation qui tournent toute la journée, et l’on a vite les yeux secs.
  • Le manque de sommeil. Après une mauvaise nuit, tout est plus sensible, y compris les yeux.
  • Les écrans en plus. Le téléphone pendant la pause du midi prolonge la séance sans que l’on s’en aperçoive.

Rien de tout cela n’est une faute. C’est simplement la façon dont une journée de bureau est organisée, et l’on peut bouger deux ou trois curseurs sans révolutionner sa vie.

Mon test personnel : si je me surprends à plisser les yeux pour lire une phrase que je comprends parfaitement, c’est que la pause est en retard d’une heure.

Quand on ne peut pas s’arrêter

Il y a des jours où une échéance tombe à dix-sept heures et où la pause paraît impossible. J’en ai eu beaucoup. Dans ces cas-là, je négocie avec moi-même : je ne m’arrête pas dix minutes, j’en prends trente secondes toutes les quinze minutes. Je lève les yeux, je regarde le point le plus éloigné de la pièce, je cligne, et je reprends. Ça ne remplace pas une vraie pause, mais ça évite d’arriver au bout de la journée avec le regard en feu.

Une autre astuce toute simple : agrandir le texte. Quand on plisse les yeux pour lire de petits caractères, on force sans s’en rendre compte. Passer la page à cent vingt-cinq pour cent, ou augmenter la taille de police dans le logiciel, coûte une seconde et soulage plus que prévu. Le mode sombre convient à certaines personnes et pas à d’autres : essayez deux jours et gardez ce qui vous est agréable, sans chercher la bonne réponse universelle.

Enfin, pensez à ce qui se passe après l’écran. Si le soir, la télévision ou le téléphone prennent le relais, les yeux n’ont jamais vraiment de relâche. Avec une lecture sur papier ou simplement un moment de discussion à table, ils respirent un peu. Ce n’est pas un conseil de privation, plutôt une façon de varier les distances et les lumières.

Pour demain

Une seule petite préparation, pas dix. Choisissez un moment fixe en début d’après-midi, par exemple juste après le café ou le déjeuner, et mettez-y une alarme discrète sur votre téléphone ou votre agenda. Quand elle sonne, levez la tête et regardez au loin pendant une minute. C’est tout. Si vous pouvez, placez aussi l’écran de façon à ce que la fenêtre ne s’y reflète pas, quitte à tourner légèrement le bureau ou à tirer un rideau.

Si l’alarme vous agace au bout de trois jours, changez l’heure plutôt que d’abandonner. L’objectif n’est pas de la respecter à la perfection, mais de garder l’habitude de relever la tête de temps en temps.

Et si les yeux brûlent malgré tout, si la gêne revient chaque jour, s’accompagne de maux de tête ou d’une vue qui change, ne cherchez pas à tout régler avec des astuces : si ça dure, parlez-en à un professionnel de santé.

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