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Il fait encore nuit quand le réveil sonne, et il fait déjà nuit quand on quitte le bureau. Entre les deux, une journée passée sous des néons, avec un ciel gris perle par la fenêtre, quand il y en a une. Dans ces semaines de novembre ou de janvier, beaucoup de gens se sentent plus lents, plus lourds, plus enclins à rester sous le plaid. Ce n’est pas une impression isolée : les jours courts pèsent sur l’énergie de bien des personnes.
À Nantes, l’hiver n’est pas particulièrement rude, mais il est souvent sombre et humide. J’ai cherché des façons concrètes de capter la lumière disponible plutôt que de subir la grisaille. Voici ce qui a fonctionné pour moi, sans prétendre à une solution universelle.
Ce qu’on peut faire maintenant
Ces gestes tournent tous autour d’un même objectif : aller chercher le peu de lumière qui existe, aujourd’hui, et ne pas la laisser passer.
- Sortir dix minutes en milieu de journée, 10 min. Même sous un ciel couvert, la lumière extérieure reste bien plus forte que celle d’un bureau. Pas besoin de soleil : l’extérieur suffit.
- Se placer près d’une fenêtre, 30 min. Si votre poste de travail le permet, installez-vous là où le jour entre. Même une heure par jour change l’ambiance de la journée.
- Ouvrir les rideaux dès le réveil, 1 min. Avant de faire quoi que ce soit, laissez entrer ce qui est là. Si le jour n’est pas encore levé, allumez une lampe douce et chaude.
- Prendre le petit déjeuner près de la lumière, 15 min. Une table près de la fenêtre, un thé chaud, quelques minutes sans écran. Le matin se vit autrement quand il commence face au jour.
- Bouger un peu dehors, 15 min. Une marche rapide à la sortie du bureau, avant qu’il ne fasse tout à fait nuit. Si vous devez choisir entre marcher le matin ou le soir, préférez le moment où il fait encore clair.
On peut ajouter à cela des détails de confort : un plaid, une boisson chaude, une bougie. L’hiver n’est pas qu’une épreuve. Il offre aussi des plaisirs particuliers, à condition de ne pas s’y enfermer.
Ce qui joue souvent
Le manque de lumière n’explique pas tout, mais il s’ajoute souvent à d’autres choses, et l’ensemble donne cette sensation de fatigue tenace.
- Le peu de temps passé dehors. En hiver, on quitte la maison de nuit et on rentre de nuit. Entre les deux, on peut ne jamais voir le jour réellement.
- Le sommeil décalé. On a tendance à se coucher plus tard, à dormir plus longtemps le week-end, à se lever dans le noir. Le rythme se brouille doucement.
- Moins de mouvement. Il fait froid, il pleut, il fait sombre : on bouge moins, on sort moins. Et moins on bouge, moins on a d’énergie.
- Les repas qui changent. Plats plus lourds, grignotages devant la télévision, boissons chaudes sucrées. Chacun a ses habitudes d’hiver, qui influencent aussi la façon dont on se sent.
- Le repli sur soi. Moins de sorties, moins de rencontres : le monde se rétrécit, et la fatigue en profite.
Il est utile de nommer ces éléments, parce qu’ils sont presque tous modifiables à petite échelle. On ne changera pas la durée du jour, mais on peut ajuster la façon dont on l’habite.
Quand la lumière manque, mieux vaut aller la chercher un peu chaque jour que d’attendre le printemps.
Faire de la place à la lumière dans son quotidien
Quelques réaménagements simples peuvent aider. Déplacer le bureau près d’une fenêtre, dégager un rebord obstrué par des objets, nettoyer les vitres pour que la lumière passe mieux. Remplacer une ampoule trop froide ou trop faible par une lumière plus agréable. Ce sont des détails, mais en hiver, les détails comptent.
J’ai aussi pris l’habitude de planifier une sortie, même courte, à l’heure du déjeuner. Un sandwich mangé sur un banc, un tour au parc, une course à faire à pied plutôt qu’en voiture. Quand le temps le permet, c’est un vrai moment de respiration. Quand il pleut fort, j’enfile un imperméable et je sors quand même cinq minutes : le ciel est le même, mais on se sent mieux d’être allé le voir.
Le week-end, planifiez une activité dehors dans la matinée, avant que le jour ne baisse. Une balade, un marché, un café en terrasse couverte. On revient avec la sensation d’avoir pris quelque chose de la journée, au lieu de la regarder passer par la fenêtre.
Pour demain
Pour demain, une seule préparation : regarder l’heure du lever du soleil et prévoir une sortie de dix minutes à un moment où il fait jour. Notez-la dans votre agenda comme un rendez-vous. Déposez aussi, la veille, votre manteau et votre écharpe près de la porte, pour ne pas avoir d’excuse au dernier moment.
Si la fatigue de l’hiver s’accompagne d’une tristesse qui s’installe, d’une perte d’intérêt pour tout ou d’un poids que rien n’allège, il ne faut pas rester seul avec cela. Dans tous les cas, si ça dure, parlez-en à un professionnel de santé, qui vous écoutera et saura vous orienter.



