Ce billet peut contenir des liens affiliés. Si vous achetez ou réservez via l'un d'eux, Ça Va Mieux peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.
Il est huit heures quarante, le rendez-vous est à neuf heures et les clés ne sont pas sur le meuble de l’entrée. Je retourne trois fois le même manteau, je rouvre le même tiroir, et le plus étonnant, c’est que plus je vais vite, plus je mets de temps. Le cœur cogne un peu, les gestes deviennent maladroits, et l’horloge de la cuisine semble avoir accéléré.
Ce genre de matin appartient à tout le monde. Un réveil mal réglé, un enfant qui cherche sa chaussure, un train annulé, et le corps passe en mode urgence. Le paradoxe, c’est que ce mode rend moins efficace pour les gestes simples. Ralentir de dix pour cent, au lieu d’accélérer, fait souvent gagner du temps.
Ce qu’on peut faire maintenant
Ces gestes prennent très peu de temps et peuvent se faire en continuant à se préparer.
- S’arrêter une seconde, complètement (10 secondes). On pose ce qu’on tient. On inspire, on souffle lentement. C’est presque invisible, et c’est le seul moment où l’on peut dire à la tête : « D’accord, on y va, mais autrement. »
- Se demander ce qui est vraiment indispensable (1 min). Les clés, le téléphone, le dossier. Le reste, y compris le café à emporter et la tenue idéale, peut passer en second. On écrit mentalement trois choses, et on laisse tomber tout le reste.
- Chercher avec méthode, pas dans la précipitation (2 min). Pour des clés perdues : reconstituer le dernier endroit où on les a eues, vérifier les poches du manteau d’hier, regarder dans le sac une seule fois, lentement. Fouiller en panique revient à repasser dix fois sur les mêmes endroits.
- Prévenir tout de suite si l’on sera en retard (2 min). Un message simple : « Petit contretemps, j’arrive à neuf heures dix. » Une fois qu’il est envoyé, la moitié de la tension disparaît, parce que le retard n’est plus un secret qu’on porte.
- Marcher d’un bon pas, mais respirer par le nez (le trajet). Courir n’apporte souvent que deux minutes de gagnées, et on arrive essoufflé et dispersé. Respirer par le nez maintient un rythme plus calme, ce qu’on sent dès le premier carrefour.
Si le retard est inévitable, on peut s’accorder une phrase à répéter en route : « Ce qui est fait est fait, je m’occupe de la suite. » Elle ne règle rien, mais elle évite de se refaire le film de la matinée dix fois.
Ce qui joue souvent
Un matin qui déraille a rarement une seule cause. Voici ce qui revient le plus.
- La veille mal préparée. Quand rien n’est prêt au moment de partir, la moindre surprise fait tout déborder. Un sac à moitié rangé suffit à créer le problème.
- Le sommeil écourté. Après une nuit courte, on décide moins bien, on oublie plus vite, on perd ses clés plus souvent.
- Le téléphone dans les mains au réveil. Dix minutes à faire défiler les nouvelles, et soudain l’heure a filé sans qu’on s’en aperçoive.
- La marge nulle. Calculer son départ à la minute près ne laisse aucune place à l’imprévu, qui existe pourtant toujours.
- Les petites choses qu’on repousse. Le dossier non imprimé, la gourde à remplir, le plein à faire : chacune ne prend rien, ensemble elles décalent tout.
Rien de dramatique là-dedans, surtout rien qui tienne au caractère. Ce sont surtout des détails d’organisation, qu’on peut un peu arranger sans devenir quelqu’un d’autre.
Dans la voiture ou sur le quai
Une fois en route, il reste parfois une énergie nerveuse qui ne retombe pas. Je pose alors les mains à plat sur les genoux, ou sur le volant à l’arrêt, et je sens le poids de mes bras. Je cherche trois sons autour de moi, un moteur, une voix, un oiseau. Ce petit exercice, je le fais pendant une minute, pas davantage, et il suffit à faire redescendre le niveau. Après, on arrive en retard de dix minutes, mais on arrive avec une voix qui ne tremble pas.
Il y a aussi la question de ce qu’on se dit à soi-même pendant ce genre de matin. « Je n’y arrive jamais, c’est toujours pareil » est une phrase qui revient vite, et qui n’aide à rien. Une version plus juste existe : « Ce matin est mal parti, ça arrive, je m’occupe de la suite. » On y gagne en calme, et l’on évite d’arriver au rendez-vous avec, en plus, une mauvaise opinion de soi-même à porter toute la journée.
Si des enfants sont en jeu, la même logique tient : annoncer à voix haute ce qu’on fait dans l’ordre (chaussures, manteau, porte) et le faire ensemble, plutôt que de répéter dix fois les mêmes consignes en montant le ton. Cela ne rend pas le matin tranquille, mais cela le rend un peu plus prévisible pour tout le monde.
Pour demain
Le soir, trois minutes suffisent : poser les clés, le portefeuille et le téléphone au même endroit, toujours le même, préparer le sac et sortir la tenue du lendemain. Avancer l’horloge du réveil de dix minutes si c’est possible, même si l’on sait que l’on retardera l’alarme.
Un autre petit levier : garder un « plan B » écrit sur un papier près de la porte, avec le numéro de la personne à prévenir et l’itinéraire de secours. Le jour où tout part de travers, on n’a rien à chercher.
Pour terminer
Il y a des périodes de la vie où les matins sont simplement trop serrés, avec des enfants, des horaires décalés, une charge qui s’accumule, et aucun de ces conseils n’efface cela. Mais si l’impression de toujours courir devient permanente et pèse sur votre sommeil ou votre humeur, si ça dure, parlez-en à un professionnel de santé.



